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Site Citizenpoulpe

Le site que nous vous proposons aujourd’hui se nomme Citizenpoulpe.

Derrière ce nom qui manque quelque peu de sérieux, le site en lui même apparaît d’une bonne qualité. En effet, il propose de nombreuses critiques de films dans un aspect assez clair. La composition du site est bien agencée et permet d’aller facilement d’un article à un autre. Nous apprécierons sa relative sobriété qui permet de ne pas se retrouver confronté à de multiples annonces de publicités ou des couleurs inutilement vives qui, tout de suite, enlève de sa superbe aux études proposées.

Sur le côté droit de la page, l’auteur du site donne de l’interactivité aux internautes en proposant ses derniers critiques, des citations de films, les meilleurs commentaires ou encore un éventail de sites conseillés.

L’article qui va nous intéresser a pour sujet les Oiseaux d’Alfred Hitchcock. Il a été écrit le 6 avril 2011 par Bertrand Mathieux, qui semble être le rédacteur de la plupart des articles de Citizenpouple et donc (comme il manque à ce blog une fiche de présentation) nous pouvons supposer qu’il en est le créateur.

Il nous offre en premier lieu une fiche technique du film ainsi qu’un extrait du roman qui a inspiré ce film à Hitchcock de Daphné du Mourier. Il résume en quelques lignes l’histoire de ce film puis procédé à un historique de l’élaboration de son scénario. Hitchcock n’a en fait reprit que les grandes lignes du roman mais a gardé tout l’essence même de son histoire à savoir, dans un scénario apocalyptique, l’angoisse de l’humanité face à sa propre destruction. Il travaille sur les réactions des individus face à des situations de crises et toutes les superstitions qui peuvent naître dans les moments les plus noirs ainsi que la perte de repère ou de sentiment de sécurité. L’article est agrémenté de photographies pour illustrer ses propos

Bertrand Mathieux traite ensuite des défis techniques qu’a demandés ce film pour capter à l’écran ces fameux oiseaux, expliquant qu’Hitchcock en a utilisé des vrais, des mécaniques ou a exécuté un assemblage de plan (inventé par les studios Disney) grâce à un procédé au sodium.

L’auteur de l’article parle ensuite de l’image et de la bande son sur lesquels nous ne nous attarderons pas plus longtemps pour s’intéresser plus rapidement à ce qui fait la vrai force de l’angoisse : le découpage du film.

En effet nous apprenons qu’Hitchcock avait travaillé ses séquences et ses scènes à la seconde près et que tout était millimétré, calculé pour que tout soit montré au bon moment. Bertrand Mathieux nous détaille ensuite quelques exemples de ces montages et découpages.

Il commence par la scène où la mère du héros découvre le cadavre du fermier. L’effroi vient dans l’enchainement des plans qui alterne entre un élément ou un détail avant de revenir à chaque fois sur le visage du personnage. Puis lorsqu’elle aperçoit le cadavre, les plans sur la carcasse se font de plus en plus rapproché et délivre au spectateur la panique qui a grandi chez le personnage qui a découvert ce corps en même temps que lui. Ils sont tous deux liés dans la panique.

Ensuite Bertrand Mathieux s’attarde sur la séquence de l’apparition des oiseaux devant l’école. Ici le spectateur en sait plus long que le personnage de Mélanie Daniels car Hitchcock propose successivement des plans sur elle et sur les oiseaux qui s’amassent dans son dos, menaçant et oppressant. Le spectateur sent le danger arriver et est pris par l’angoisse de l’attente, la frustration d’être le seul à le voir et son incapacité à agir (on nous précise qu’il est dans la position d’un observateur impuissant). La montée crescendo de la musique participe aussi à ce sentiment d’oppression.

Puis l’angoisse peut aussi venir par les plans filmés d’en haut qui rappellent que le danger vient du ciel, donnant une impression de vertige.

La dernière partie de cet article concerne la scène final, lorsque le héros sort de chez lui pour récupérer la voiture et se retrouve confronté à une marée d’oiseaux devant sa maison.

L’intensité de cette scène nait de plusieurs facteurs : le caractère pictural de l’image par la lumière que Bertrand Mathieux défini de biblique, la bande son minimaliste et le caractère hypnotique de cette scène très lente (comme si le temps s’arrêtait) mais on ne peut plus intense.

Cette scène offre aussi une conclusion dans la continuité du film. Le chaos, le doute et l’incertitude sont toujours là, rien n’est révélé ce qui participe à l’incompréhension des événements et à la peur que cela peut provoquer.

G.V.

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