Site JSTOR

Interrogé par ses étudiants sur les conditions de réussite d’une thèse, un professeur universitaire les invite à se tourner vers la conception cinématographique d’Hitchock pour découvrir la marche à suivre. Proposition intéressante mais surprenante, cet article de Jonathan Kirshner, disponible sur JSTOR (via Domino pour les étudiants de Paris 1), élabore ainsi un parallèle entre les qualités du cinéaste et celles d’un bon chercheur.

La bibliothèque numérique JSTOR a été créée en 1995 pour permettre la libération d’espace et la réduction du coût de fonctionnement des bibliothèques universitaires. Elle fait partie de l’association à but non lucratif ITHAKA qui agit pour les nouvelles technologies au sein de l’enseignement supérieur. JSTOR a préparé depuis ses débuts la numérisation d’un grand nombre de documents et ainsi la conservation à long terme d’un savoir universitaire ; il se propose donc comme un lieu de transition avant la généralisation du phénomène. Aujourd’hui, le site met à disposition plus de 1 700 journaux académiques, mais aussi des ouvrages et autres matériaux pédagogiques. Ayant déjà numérisé plus de 50 millions de pages, il continue au rythme annuel de 3 millions. Site destiné aux universitaires et financé par les universités, l’ensemble du contenu est accessible à plus de 8000 institutions à l’échelle mondiale.

Si le site est entièrement en anglais, son moteur de recherche (simple et avancée) permet une navigation intuitive. Il dispose également d’une organisation en discipline (art, histoire, droit etc…) afin de permettre une exploration plus libre du contenu, en cas par exemple d’absence d’objet de recherche spécifique. L’interface est ainsi claire, intuitive, et l’absence de publicité la rend d’autant plus plaisante. Une fois la recherche lancée, le site vous propose un certain nombre de contenus numérisés, dont l’objet, la nature, l’auteur et la date de publication sont immédiatement spécifiés. Ces informations permettent à l’internaute une rapide compréhension des documents, et donc une première sélection du contenu proposé. Le document sélectionné, le site vous renvoie au texte numérisé (disponible également en version pdf) au sein duquel les termes de votre recherche sont surlignés, les mettent ainsi en valeur. Le site met à disposition également une adresse URL simplifiée de la page et les informations nécessaires à la bibliographie d’un travail universitaire. En somme, le site JSTOR rend accessible un grand nombre de documents dont tant le contenu que l’interface certifient du caractère scientifique de cette bibliothèque numérique.

Le site propose notamment une numérisation du journal PS : Political Science and Politics qui a publié, dans son édition de septembre 1996, un article de Jonathan Kirshner intitulé  « Alfred Hitchcock and the Art of Research ». Au travers d’une analogie entre le chercheur et le cinéaste, l’auteur et professeur universitaire met en jeu les quatre qualités requises pour obtenir un bon film selon Hitchcock. Tout d’abord, un film (comme la thèse donc) doit se limiter à un sujet précis afin de pouvoir le développer correctement : la perception pour Fenêtre sur cour, l’obsession pour Sueurs Froides, le dualisme pour Psychose… Dans un second temps, il est nécessaire de rendre lisible cet argument central du film et donc de pouvoir l’expliquer. La troisième qualité est celle de l’attention portée à chaque plan du film (comme à chaque phrase d’une thèse) car ils doivent affirmer, seul, leur légitimité, et ensemble, la cohérence du film. Enfin, et c’est ce qui va nous intéresser particulièrement, le réalisateur dévoile qu’un bon film n’est pas nécessairement surprenant, mais contient en lui ce suspense tant recherché. Il en développe ensuite les conditions. Selon lui, la confusion du spectateur n’est pas l’essence même du suspense (‘I do not believe that puzzling the audience is the essence of the suspense »). C’est parce qu’il dispose d’informations sur la situation que le spectateur est à même de percevoir la tension en cause dans une scène. C’est en sa position de spectateur conscient et informé qu’il peut comprendre les rapports qu’entretiennent les personnages (et parfois mieux qu’eux) et ainsi anticiper le danger de telle action. La connaissance, la conscience amènent ainsi à une certaine anticipation, clé semble-t-il, du suspense hitchcockien. L’auteur termine ainsi son analogie : tout comme Hitchcock, il est souhaitable d’éviter le gouffre de l’écrit mystérieux et préférer la clarté afin de rendre compte, au mieux, de la thèse développée.

R. V.

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Site Ecran Noir

Avant de vous plonger dans sa filmographie, vous souhaitez avoir une vue d’ensemble du parcours d’Alfred Hitchcock ? C’est ce que vous propose, notamment, le site Ecran Noir. L’occasion, pour nous, d’en présenter et analyser le contenu.

Le site Ecran Noir a été créé en 1996 par Vincy Thomas, à Montréal. Aujourd’hui géré par l’association « De la réplique qui tue ». Ecran Noir apparaît ainsi comme l’un des premiers webzines portant sur le monde du cinéma, qui plus est toujours en activité en 2013.
Alimenté par une équipe de cinéphiles, le site regroupe de nombreuses informations sur les réalisateurs, les productions filmiques, les dernières sorties, les festivals. Ecran Noir se forge de plus une actualité par le biais de dossiers réalisés sur des thèmes précis (comme « La guerre 14-18 au cinéma ») ainsi que par la mise en ligne d’entretiens avec des professionnels du cinéma (réalisateurs, acteurs, producteurs) ; gageant ainsi d’un certain professionnalisme ?

L’interface n’est pourtant pas très lisible. En effet, ne prenant que la moitié gauche de l’écran, les différentes rubriques s’en retrouvent condensées dans un espace restreint ce qui ne facilite pas la navigation. L’ajout de publicités n’aide également pas à la clarté de l’interface.

Cet amateurisme se confirme dans les différents articles postés. Concernant, par exemple, la biographie d’Alfred Hitchcock, qui nous intéresse ici, le ton adopté n’est pas très sérieux (l’utilisation du diminutif « Hitch ») et les fautes d’orthographes se succèdent. Le contenu se déplace de l’information factuelle au parti-pris marqué de l’auteur, en passant par le propos anecdotique. Finalement, il s’agit d’un commentaire, certes complet, mais subjectif et à dessein (il s’agit ici de redorer l’image d’un réalisateur à la direction d’acteur réputée violente).

En conclusion, Ecran Noir pourrait vous être utile pour sa richesse, ses différents contenus (des biographies aux fiches techniques), mais il sera nécessaire d’interroger la valeur de l’information mise en ligne. Ce site résulte en effet d’un collectif de cinéphiles, dont on perçoit immédiatement l’engouement cinématographique, mais dont le contenu et le discours, inégaux, ne semblent pas réellement à visée scientifique.

R.V.

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Site Film School Rejects

 Bonjour à tous, nous vous présentons aujourd’hui l’analyse du site se nomme Film School Rejects

Alfred Hitchcock

Ce site, traitant de cinéma, a été créé en 2006 comme un blog amateur entre passionnés mais qui a rapidement pris de l’ampleur. A tel point qu’il a reçu de nombreux prix et est rentré dans les 50 Best Blogs for Filmmakers par le magasine MovieMaker et a été cité dans des journaux prestigieux tel que le New York Times, Los Angeles Times, sur CNN… C’est aujourd’hui un site de référence. Il est toujours mis à jour par l’ajout d’articles mais a aussi une autre qualité, celle de laisser une place importante à la critique et aux échanges via les commentaires ou via un forum ouvert. C’est l’une des volontés de ce site: permettre aux individus de partager leurs avis mais toujours dans l’optique d’élever la critique.

 
L’interface, composée d’une bordure rouge et de textes blancs semble vouloir être faite pour montrer le côté ludique du site qui ne se veut pas académique.
Cela donne une atmosphère agréable mais le site laisse apparaitre des publicités ce qui est gênant pour les lecteurs. On peut voir sur les côtés des annonces des actualités du site afin d’être au courant des derniers ajouts.
L’article concernant Hitchcock a été écrit par un universitaire du nom de Landon Palmer. Il est contributeur depuis 2009 et travaille sur un doctorat en Communication et de Culture à l’université d’Indiana où il centre son étude sur la musique dans les films. C’est donc un article qui peut être considéré comme étant fiable.
Il l’a rédigé en 2009 à l’occasion de la sortie d’un autre film: Paranormal Activity. En effet des critiques avaient comparé l’angoisse que l’on pouvait ressentir dans ce film à celle que l’on pouvait avoir devant le cinéma d’Hitchcock.
Palmer s’aventure donc ici à tenter d’expliquer et de dissocier ces angoisses et ce suspense qui, pour lui comme pour beaucoup de cinéphiles, ne sont pas similaires.
Il cite de nombreuses sources tout au long de l’article en rapprochant ses propos soit d’un exemple particulier dans le cinéma d’Hitchcock, soit en citant un livre (Hitchcock/Truffaut Les Entretiens) et il a aussi mis en ligne une interview qu’il se permet de citer. 
 
Dans le contenu maintenant de l’article, Landon Palmer met en évidence l’importance du « Production Code Administration » dit Code Hays. C’était la censure que le cinéma Hollywoodien s’imposait et imposait à ses cinéastes dans une vision de bienséance. Cela a duré de 1934 (l’application) à 1966. Il explique donc que la force du cinéma d’Hitchcock se trouve dans la façon que ce dernier avait de contourner ce code pour représenter des éléments malsains. Il insinue et cache les éléments, joue sur le non-dit qui est bien plus angoissant. 
Un jeu se crée selon Palmer entre le réalisateur et le spectateur dans les différentes strates de perception de l’oeuvre.

« Hitchcockian suspense can’t be defined as mere restraint of audience knowledge, but a careful, intricate management of the differentiation between what the audience knows and the characters know ».

Il donne ensuite un exemple qu’Hitchcock prend dans son interview: : si les spectateurs sont au courant de l’existence d’une bombe et pas le personnage, c’est du suspense, si aucun ne le sait, c’est de la surprise. Hitchcock joue justement sur le rapport entre les différentes couches du films: le film en temps que tel et le film qui est vu par un autre. 

En parcourant cet article nous avons aussi de nombreux parallèles avec des films comme Paranormal Activity ou The Blair Witch Project et Landon Palmer montre que ce cinéma donne des frissons en limitant les informations données. Cependant il le distingue du suspense hitchcockien qui implique le spectateur dans la compréhension et/ou la création du film. Il montre tout de même que ces nouveaux genres s’en inspirent. 

 G.V.

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